Shaper sa piste : Qulques pti conseil qui peuvent aider tous le monde !
Les astuces pour construire sa piste de freeride
Pourquoi tracer sa piste ?
C'est vrai ça, on ne va pas dire qu'on manque de sentiers chez nous, non ? En outre, il y a de plus en plus de pistes de DH ou de bike-parks dans les stations de ski. Alors pourquoi perdre du temps à construire au lieu de rouler ?
C'est pas compliqué : Les sentiers sont envahis de marcheurs qui ne voient pas d'un très bon oeil les riders que nous sommes, surtout quand ces derniers descendent à mach10, rasant les marmots de ces braves gens. Les collisions sont donc assez fréquentes et souvent dangeureuses pour tout le monde. Avec la technique chacun chez soi, ce problème est déjà éliminé.
Ensuite, sur ces sentiers, on ne trouve pas forcéments les modules qu'on veut s'envoyer. Ben ouais, on ne croise pas souvent sur un single track une grosse bosse de dirt ou un gap de 3m...
Enfin, nos amis les gens-mal-intentionnés-qu'on-dérange-en-pratiquant-notre-passion s'amusent bien souvent à tendre des pièges (voulus ou non) à grand renfort de fils barbelés au milieu du chemin, comme par hazard pile au niveau du col.
Pour finir, les stations de ski, c'est vrai que c'est super pour rider, mais on n'a pas tous la chance d'habiter à coté d'une station. De plus, en hivers, il ne faut pas compter faire du Moutain Bike dans la dite station de ski, ouverte uniquement aux sportifs hivernaux. Pour finir, les forfaits ne sont pas non plus donnés...
Alors, convaincu qu'avoir une piste de descente c'est de la balle ?
Maintenant il va falloir se mettre au boulot et inutile de cacher que pour créer une piste digne de ce nom il va falloir y passer des jours, jours pendant lesquels on ne pourra pas rouler bien sûr. Mais le jeu en vaut la chandelle : tous ceux qui ont franchi le pas le disent. Alors motive toi (et tes potes), prends ta pelle et on va te filer un coup de main car on garde en fin de compte de très bon souvenirs.
Le terrain :
C'est la première question à régler. Où on va la tracer cette piste ?
Le mieux reste de trouver pas loin de chez soi une forêt qui descend avec une pente assez raide sur un ou deux kilomètres de long, ça c'est le top !
Il ne faut pas négliger non plus l'accès : si on peut monter jusqu'en haut du spot en bagnole, c'est quand même bien pratique, ne serait-ce que pour la construction de gros modules.
A mon avis, inutile de commencer à construire ta piste dans la forêt d'un particulier qui poura te demander gentillement un beau jour de tout démolir sinon il va porter plainte. C'est pas sympa, surtout quand ça fait 3 ans que ta piste existe et qu'elle commence à être terrible.
Donc, si tu connais une foêt pas loin qui a l'air sympa, le mieux est de se renseigner sur le proprio. On parle aux vieux du village ou on va discretement à la mairie pour zyeuter le cadrastre voir à qui appartient ce terrain.
Ensuite, il faut essayer de convaincre le propriétaire ou la mairie de te lacher le terrain. Là faut la jouer fine : "Ben ouais, m'sieur, le VTT fwiwaïde, c'est trop de la boule !"... Employer les procédés de la persuasion en expliquant que s'il y a un problème (notamment pour la sécurité), ce brave homme est en dehors de tout. On peut même signer une sorte de contrat pour rassurer tout le monde.
Mettre les choses au clair et surtout par écrit est une sécuritéqu'il ne faut pas négliger !
La trace :
Pour commencer à chercher la trace par laquelle on va passer, on part du bas du spot et on regarde les obstacles naturels qui pourraient être interessants, on fait des marques tout en remontant et en mémorisant. Puis, arrivé en haut, on redescend par le même chemin pour voir les obstacles marqués sous un autre angle. On essaie de trouver un passage idéal qui pourrait être fluide et passer par quelques obstacles. Le mieux est d'être plusieurs pour avoir différents points de vue car on a vite fait de faire des conneries.
On commence à tracer une seule piste, car sinon ça va être le bordel, chaque chose en son temps. Une fois la première trace terminée et nickelle, on passera à la seconde.
Enfin, il faut essayer d'avoir une bonne notion de la pente : la piste doit descendre hein c'est mieux quand même ?! Mais pas trop. Il est d'ailleurs interessant d'enchainer partie rapide, plus lentes, ... pour rompre la monotonie.
Tout dépend de ce que tu cherches comme sensation.
Les modules :
Il n'y a pas de règle fixe. Il faut se promener sur le terrain à pied, matter les obstacles naturels déjà présents et essayer de faire avec des bons modules à rouler. Par exemple, inutile de planter une passerelle parcequ'on a envie et que ça fait beau comme dans les vidéos...
Pour la vision du terrain, certains ont un don inné pour ça et ils ont du bol. Pour les autres, c'est avec l'expérience que ça viendra : plus tu construiras de modules et plus tu comprendras ce qu'il faut faire ou pas. Au début, le trail ne sera pas fluide, les réceps à l'arrache et tout. Mais au fil du temps, le spot et les riders évolueront et tu finiras avec un pur spot super fluide et qui envoie gros.
Avant sa destruction, notre spot comprenait deux pistes (la baby et la bis) d'environ 2km de long, contenant une vingtaine de modules et surtout super fluide, parfois rapide avec accès en voiture possible. Le pied quoi.
Allez, on commence la construction des modules.
Les gaps :
Il y a deux grandes sortes de gaps : Les naturels et ceux en passerelle.
>Les gaps naturels :
Là, il faut avoir de la chance pour trouver un bon gap naturel. Car il faut à la fois qu'il soit accessible, qu'il soit pratiquable et qu'il y ait une pente après pour la récep. Bon, la réception, on peut éventuellement la construire si le gap n'est pas trop gros ou la fignoler, mais s'il y a un début de réception ça évite pas mal de boulot.
Là, il n'y a pas grand chose à faire : on déblaie, on gratouille et c'est bon y'a plus qu'a rouler.
>Les passerelles :
Pour commencer et avant toute chose, il faut des planches. 40cm de long semble être raisonnable (la longueur dépend de ce que tu veux faire : une autoroute c'est plus long ou une poutre c'est plus court...)
Comme c'est mentionné plus haut, inutile de vouloir absolument caser des passerelles partout. Il faut que le terrain s'y prète. Le mieux ? Deux arbres côte à côte et après une réception en pente. Surtout, le plus important c'est la réception : on place la passerelle en fonction de la récpetion. S'il n'y a pas de récep, inutile de vouloir mettre une passerelle.
On cloue un tronc d'arbre en travers des deux arbres à la hauteur voulue avec des grands clous quitte à renforcer la chose avec des équerres. Ensuite, on fait partir la passerelle d'un talus proche en placant deux troncs parralleles, bien droits et assez gros pour ne pas que la passerelle soit élastique (du sapin c'est bien pour cet usage). On cloue ces deux troncs sur celui qu'on a placé en travers.
Tu peux ensuite renforcer la passerelle avec d'autres troncs qui viendront en support si tu trouve ta passerelle peu stable (pas de panique, c'est très fréquent quand on utilise pas du baobab comme bois).
Maintenant c'est le plus agréable : on cloue les planches sur la passerelle. L'espace entre les planches se fait au feeling, mais environ 15cm est raisonnable pour ne pas se ruiner en planches ni que ce soit trop casse-gueule.
Pour terminer on finit la réception à grands renforts de pelles et pioches, pentue et bien éloignée de la fin de la passerelle pour pouvoir faire un gap en longueur.
Il ne reste plus qu'a tester la bête pour paufiner la réception.
Les jumps :
C'est toujours pareil, il n'y a pas de règle fixe : on regarde le terrain et on construit en fonction. Il faut savoir ensuite si tu veux construire vraiment une bosse de dirt ou plutôt un saut en longueur genre tremplin. Bien souvent la seconde possibilité est retenue pour des raisons de facilité et de rapidité de la piste.
Pour ceci le must est d'avoir une sorte de plat suivi d'une descente qui fera office de réception. Il faut pouvoir avoir de la vitesse en arrivant sur la bosse, histoire d'avoir quelques sensations.
On commence le début du jump en entassant tout un tas de morceaux de bois, de pierres, ... pour consolider l'édifice et avoir moins de terre à mettre. On met ensuite la terre par dessus toutes ces cochoneries a la pelle si on est pauvre et au tracto si on a du bol.
[Une technique sympa est d'enterrer une palette a moitié. L'autre moitié dépasse donc et on calle la terre dessus. Comme ça, la bosse est bien stable.]
Après on tasse la bosse avec les pelles, les pieds, ... Pour ça, le mieux est de laisser la terre se stabiliser pendant quelques jours (c'est bien quand il pleut).
Ensuite, on fignole cet éject a la pelle et doucement, on lui donne son inclinaison, sa courbure, bref ce qui fera toutes les qualités du saut. Puis on roule, on paufine, on roule, on paufine, on roule, on roule, on roule, on roule,...
Les virages relevés :
Indispensables pour avoir de bonnes sensations et garder sa vitesse, les virages relevés sont assez techniques à construire. Bien souvent, on a tendance au début à construire des virages trop courts et trop fermés. Résultat : le trail n'est pas super fluide et propre et on perd beaucoup de vitesse.
Donc, ici la règle est d'avoir des virages bien ouverts et longs pour bien marquer l'appui, surtout si on va bien vite. Il vaut mieux qu'il soit trop ouvert que pas assez car sinon on se plante dedans sans s'en servir comme appui : c'est très mauvais.
Quant à la forme du virage, il ne faut pas que ce soit juste un tas de terre en long et tout droit. La forme parfaite est une parabole, mais bon, tu commences par le construire et comme d'hab tu paufines à force de rouler.
Allez, on passe à la construction. On commence par marquer le virage au sol par une trace. Puis, comme pour les sauts, on met des pierres et des morceaux de bois pour consolider le tout.
La terre vient ensuite et il ne faut pas hésiter a bien monter le virage (les sensations n'en seront que meilleures) surtout si tout s'enchaine bien vite : Tu pourras bien prendre l'appui.
Il faut ensuite tasser. Comme pour les sauts, laisser la terre se reposer quelques jours aprèse avoir tassé à la pelle et avec les pieds permet de stabiliser le virage, puis le tassage se fait à force de rouler.
Enfin, tu peux aussi creuser l'intérieur du virage pour bien le marquer, mais c'est pas vraiment conseillé au niveau des précipitations car la flotte a la fâcheuse tendance a s'accumuler dans le creux et ça devient vite casse-gueule.
Les passerelles normales :
Toujours pareil, les passerelles doivent être un moyen d'éviter un obstacle naturel qui barre le passage (pour accéder a un jump par exemple). Il ne faut pas jouer de la passerelle partout, car tu perdras beaucoup de vitesse et de fluidité sur le trail.
Il faut naturellement des planches ; de la longueur que tu le souhaites selon l'étroitesse de la passerelle que tu veux. Je pense qu'environ 40cm de longueur pour les planches est sympa.
Pour construire une passerelle, c'est pas bien dur : on cloue deux troncs bien droits (le sapin est nickel pour cet usage) côte à côte à l'endroit où on veut placer la passerelle, espacés d'une longueur d'à peu près 15cm de moins que la longueur des planches (donc ici 25cm) pour que le tout soit solide et résiste à la fois aux passage des riders fous furieux et aux intempéries.
On peut renforcer la passerelle par dessous en placant d'autres troncs qui viendront en renforts et éviteront que la passerelle soit trop élastique surtout au milieu, ce qui est très fréquent.
Il re reste maintenant qu'à clouer les planches espacées d'environ 15cm chacune pour en économiser, sans que la passerelle soit trop casse-gueule.
Derniers conseils :
Commencer par des petits modules pour les faire grossir en fonction de l'évolution du niveau des riders.
Après l'hivers, les passerelles souffrent il faut bien souvent les réparer. Na pas rouler avant une vérification.
Ne pas rouler sur les passerelles si elles sont mouillées, c'est suicidaire... On a déjà testé...
Repérer la piste avant de rouler, on ne sait jamais ce qui a pu arriver depuis la dernière sortie (arbres en travers, ...)
Bien rouler sur les modules pour la finition.
Faire des bonnes réceptions : les sauts a plat ne procurent aucune sensation et sont très mauvais à la fois pour le dos et le matos.
Ramène du monde pour te filer un coup de main si tu ne veux pas que la construction de la piste se transforme en galère.
Fais découvrir ta piste a d'autres riders et respecte les spots
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